Pourquoi et comment les scientifiques utilisent-ils les réseaux sociaux ?

L’usage des réseaux sociaux numériques par les scientifiques intéresse voire interpelle  les différents acteurs de la recherche. Au plan national par exemple, on peut rappeler l’enquête initiée en juin  par Couperin  et relayée dans les différents organismes de recherche français pour préparer le futur projet européen Foster (http://www.couperin.org/site-content/289-foster/1121-le-projet-foster). Le questionnaire d’enquête intègre des questions pour connaître les usages et pratiques des réseaux sociaux de la recherche et de l’Open Access. De plus en plus d’ éditeurs incitent les auteurs à utiliser les réseaux sociaux numériques pour communiquer sur leurs travaux et intègrent sur les pages qui leur sont destinées des passerelles directes vers ces outils. Sur le terrain, les documentalistes constatent la progression du nombre de profils de “leurs chercheurs” sur ces réseaux sans avoir une idée précise de l’engagement des personnes, du temps passé et de la réelle valeur ajoutée de ces outils. Les organismes de recherche enfin craignent aussi l’avantage que semblent parfois prendre ces outils sur les archives institutionnelles auprès des chercheurs .

L’article que publie Richard Van Noorden  dans Nature ce mois -ci  est très intéressant car il présente et sous une forme particulièrement éclairante et lisible les résultats d’une enquête initiée par le journal en mai dernier et à laquelle 3500 personnes issues de 95 pays ont répondu. L’utilisation des principaux réseaux est analysée finement. Le lecteur gagne à lire la version html plutôt que le pdf car l’auteur propose une visualisation graphique et dynamique de l’utilisation de chaque plateforme classée par utilisation décroissante d’un panel de répondants jugés suffisamment “actifs”. Researchgate, Academia.edu, Mendeley, Twitter, Linkedin et FacebooK sont ainsi examinés à la loupe.

  • pourquoi les scientifiques utilisent-ils ces plateformes ?
  • qu’en attendent-ils précisément ?
  • combien de temps y consacrent-ils ?
  • quel est le degré d’engagement et le comportement des utilisateurs de chaque plateforme spécifique
  • y a t-il des différences notables entre les disciplines thématiques et l’âge des répondants

L’affichage de leurs profils personnels, un gain de visibilité professionnelle dans le but de générer des contacts avec d’autres chercheurs semble être le moteur principal des inscriptions. Les autres arguments positifs sont les possibilités de partage de contenus, de contacts étendus, l’accès facile à des documents très pertinents et recommandés, l’utilisation de métriques nouvelles d’évaluation de leurs travaux.

L’article pointe aussi les critiques connues : des utilisateurs (pratique intensive du spam, création artificielle de profils) et des éditeurs vis à vis de ces plateformes (dépôt ou captation abusifs et illégaux de documents …). Il évoque enfin les dispositifs innovants de ces plateformes (par exemple, post-publication reviewing) et les perspectives positives et négatives possibles.

A lire dans :  Van Noorden, R. (2014). Scientists and the social network. Nature, 512, 126-129
http://www.nature.com/news/online-collaboration-scientists-and-the-social-network-1.15711

 

4 réflexions au sujet de « Pourquoi et comment les scientifiques utilisent-ils les réseaux sociaux ? »

  1. Ping : Pourquoi et comment les scientifiques utilisent...

  2. Ping : Pourquoi et comment les scientifiques utilisent...

  3. Dominique L'Hostis

    Réseaux sociaux de chercheurs : quelle visibilité ?

    Journée d’étude ARPIST / URFIST Bordeaux, à la MSHS de Poitiers le 23-09-2014
    http://arpist2014.sciencesconf.org/

    Une journée très intéressante et bien structurée sur les réseaux sociaux scientifiques composée de 4 interventions très pertinentes et bien rythmées

    A écouter sur :
    http://uptv.univ-poitiers.fr/program/reseaux-sociaux-de-chercheursetnbsp-quelle-visibiliteetnbsp/index.html

    - Réseaux sociaux de chercheurs sur le web : quels outils, quels enjeux ? – Aline Bouchard (URFIST Paris)
    - Réseaux sociaux de chercheurs : quels enjeux et quelle politiques pour une institution publique de recherche – Odile Contat (Institut des sciences humaines et sociales )
    - Réflexions sur le droit applicable à la communication et à la responsabilité des enseignants chercheurs sur le web – Florence Cherigny-Fromentin (UFR de Droit et Sciences sociales – Université de Poitiers – Laboratoire CECOJI )
    - Regards croisés sur la journée : le point de vue d’un chercheur impliqué, d’un évaluateur embarrassé ! William Berthomière, (Directeur de recherche au CNRS, Directeur scientifique adjoint à l’InSHS )

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