Archives de catégorie : Plateforme de publication

SocArXiv, nouveau serveur de preprints en sciences sociales

SocArXiv,  est une plateforme open access, open source en sciences sociales, ouverte depuis le 7 décembre 2016, en beta version. Ce site créé en partenariat avec le Center for Open Science (COS)  fournit un service gratuit et non commercial pour la partage des documents scientifiques. Coté technique, il a été construit sur  le  Open Science Framework,  une plateforme générique qui permet aux chercheurs de déposer leurs données, leurs résultats de recherche et leurs codes.

Cette plateforme constitue une alternative  au site Social Science Research Network (SSRN) racheté par Elsevier en 2016 (voir notre billet du 1er juin 2016).

Le COS a ouvert un serveur générique de preprints  le « open preprint repository network”. Ce systéme  héberge  SocArXiv   et permet l’intégration de documents provenant de différents services comme  arXiv (maths et physique),  bioRxiv (Biologie), et les autres  communautés hébergées par COS, dont  engRxiv, and PsyArXiv. (3)

socarchiv

Accès au site https://osf.io/preprints/socarxiv

Sources :

(1) Price, Gary (2016). SocArXiv Formally Launches in Beta Today and Announces Grants From Open Society and Sloan Foundations. InfoDocket. 7 Décembre 2016. http://www.infodocket.com/2016/12/07/repositories-socarxiv-formally-launches-beta-today-announces-grants-from-open-society-and-sloan-foundations/ . Consulté le 12/12/2016.

(2) Cohen, Philip N. (2016). SocArXiv launches, brings sociology and social science into the open, with new grant support.  Scooped. 7 décembre 2016. https://socopen.org/2016/12/07/socarxiv-launches-brings-social-science-out-into-the-open/ Consulté le 12/12/2016.

(3)  SocOpen: Home of SocArXiv (2016).  https://socopen.org. Consulté le 12/12/2016.

URFIST : Eléments de comparaison archives ouvertes et réseaux sociaux académiques

Sur le même sujet que notre Activ’IST 1: « ResearchGate et Academia : usages, limites et recommandations Inra« , Aline Bouchard de l’URFIST propose des éléments comparant HAL et les réseaux sociaux académique Researchgate et Academia.edu.

Le résumé ci-dessous est diffusé sur le site de l’Urfist Paris (*) :

Le succès des réseaux sociaux destinés aux chercheurs ne se dément pas. Paradoxe, et preuve sans doute de ce succès, de plus en plus de chercheurs et d’institutions en appellent à une utilisation vigilante. Les doutes existant en effet sur leurs modèles économiques, le droit des documents déposés ou encore leur usage des données personnelles rappellent combien ces services sont parfois loin des principes de l’open access et et ne sont pas des archives ouvertes.
Si archives ouvertes et réseaux sociaux permettent de diffuser et valoriser la production scientifique, il convient de mettre en lumière leurs différences et leurs points communs. C’est également l’occasion de :
– situer les réseaux sociaux académiques et les archives ouvertes dans l’offre d’outils permettant d’assurer une visibilité à ses travaux sur le web ;
– connaître les principaux réseaux (Academia, ResearchGate) et la principale archive ouverte française (HAL) ;
– avoir conscience des enjeux et des limites de ces services.

Accès au document :  Bouchard, Aline. (2016). Eléments de comparaison archives ouvertes (HAL) et réseaux sociaux académiques (Academia, ResearchGate). 29 Novembre 2016. 49 p.   http://urfist.enc-sorbonne.fr/sites/default/files/ab/Bouchard_Comparaison_AO_RSX_112016.pdf. Consulté le 06/12/2016.

(*) http://urfist.enc.sorbonne.fr/ressources/veille-sur-les-outils/diffuser-ses-travaux-sur-les-reseaux-sociaux-academiques-ou-sur-des

Scigraph.com : future plateforme linked data de Springer Nature

Scigraph est un projet de plateforme basée sur les technologies des données liées. Ces  technologies sont utilisées tout au long de la chaine de publication : « we had to create an architecture where RDF is core to the publishing workflow as much as XML is » (Michele Pasin [2]). Annoncée pour fin 2016, Scigraph permettra aux scientifiques de parcourir les graphes de connaissances construits à partir des informations contenues dans les articles et enrichies par des ressources externes (DBpedia, MeSH).

Linked Data Experiences at Springer Nature

Linked Data Experiences at Springer Nature. (M. Pasin ). 14/09/2016. Slide 49. Consulté à l’adresse http://www.slideshare.net/mpasin/linked-data-experiences-at-springer-nature

Les modèles (ontologie noyau et ontologies de domaines), les jeux de données (données bibliographiques des articles et références publiées par NPG depuis 1845), les liens vers des ressources externes, sont disponibles depuis 2012 sur le site nature.com ontologies [3][4] sous licence CC BY 4.0. Le sparql endpoint proposé concomitamment mais très peu utilisé a été supprimé en 2014. Toutes les ressources sont également disponibles sur GitHub Nature Pubishing Group

Vu sur Twitter

Pour en savoir plus :

  1. Présentation de M. Pasin à Semantics 2016 : Linked Data Experiences at Springer Nature
  2. Interview de Tony Hammond et Michele Pasin, architectes du portail nature.com, par Andreas Blumauer (30 mars 2016) : Insights into Nature’s Data Publishing Portal
  3. Présentation de T. Hammond et M. Pasin à LISC2015 : The nature.com ontologies portal (Slides)
  4. Communiqué de presse Nature Publishing Group releases linked data platform du 4/04/2012

Voir aussi :

Elsevier achète le site de preprints en sociologie SSRN

L’information a été largement diffusée et à fait l’objet de nombreux commentaires.

Social Science Research Network (SSRN) a plus de 2 millions d’utilisateurs inscrits, 671 000 résumés de documents et plus de  300 000 auteurs. Sa technologie CiteReader a extrait plus de 9 millions de références et  9 millions de notes de pied de pages, et lié 6 millions de citations de 562 000 documents en full text dans la base eLibrary. Sur le site on peut lire : We have good news! SSRN is joining Mendeley and Elsevier. 

SSRN-goodnews

selon le site Actuallité [1] :

En ligne depuis 1994, SSRN fait état de quelque 600.000 publications et 300.000 auteurs inscrits. Le PDG de la plateforme, Gregg Gordon, espère doubler la taille et l’audience de la société en 5 ans, sur le modèle de la croissance de Mendeley, racheté en 2013 par Elsevier pour 65 millions £, selon certaines sources. En 3 ans, ce service de suivi des publications est passé de 2 à 5 millions d’utilisateurs. L’organigramme de SSRN restera le même, assure Elsevier, tout comme le modèle freemium. 

 SSRN serait ensuite relié à Mendeley, un outil de gestion et de partage des références bibliographiques pour renforcer un peu plus  la diversité des activités de Elsevier dans la communication scientifique [3] ou son contrôle de la communication scientifique [4].

La cause principale de cette opération pourrait être la récupération des données sur les chercheurs déposées dans cet outil [2].

Un billet sur le site OpenAire met en avant le fait que la vente de SSRN, qui a été effectuée par des promoteurs de l’open access (les créateurs de la plateforme), est très trouble pour les utilisateurs qui n’étaient pas forcément conscient que SSRN appartenait à une entité privée depuis sa création en 1994 [5].

Cet achat ne change cependant pas les modalités d’utilisation du réseau SSRN. D’un point de vue technologique sera intéressant de voir comment SSRN et Mendeley seront reliés, les réseaux sociaux académiques ayant très peu de fonctionnalités de gestion de la la bibliographie, à l »inverse Mendeley.

Quelques enseignements à la suite de cet achat :

  • Le flou autour d’outils qui semblent appartenir à des institutions scientifiques mais qui sont en fait détenus par des entreprises ou entités privées ;
  • Dans les mentions de copyright du site  il n’est pas mentionné que  SSRN retient des droits sur les articles… cependant l’ensemble des papiers et la mise en forme par le réseau correspond à une valeur marchande qui a bien été vendu alors qu’individuellement on peut pas réutiliser un document à usage commercial  http://www.ssrn.com/en/index.cfm/dmca-notice-policy/.
  • Nous observons régulièrement que des projets ou des outils disparaissent, changent de modèles économiques en modifiant leur offre gratuite en payante ou encore en étant rachetés par des sociétés à but lucratif. En 2013, nous publiions le billet Elsevier achète Mendeley ;

[1] Oury, Antoine (2016). Elsevier s’achète le réseau social de chercheurs SSRN.Actuallité. https://www.actualitte.com/article/monde-edition/elsevier-s-achete-le-reseau-social-de-chercheurs-ssrn/65039Kelty,

[2] Christopher M. (2016). It’s the Data, Stupid: What Elsevier’s purchase of SSRN also means. Savage Minds. 20/05/2016. http://savageminds.org/2016/05/18/its-the-data-stupid-what-elseviers-purchase-of-ssrn-also-means/

[3] Gordon, Gregg. SSRN—the leading social science and humanities repository and online community—joins Elsevier . Elsevier Connect. 17/052016.  https://www.elsevier.com/connect/ssrn-the-leading-social-science-and-humanities-repository-and-online-community-joins-elsevier.

[4] Elsevier’s increasing control over scholarly infrastructure, and how funders should fix this. Sauropod Vertebra. 22 /05/2016. https://svpow.com/2016/05/22/elseviers-increasing-control-over-scholarly-infrastructure-and-how-funders-should-fix-this/

[5] Ross-Hellauer, Tony (2016). After SSRN: Hallmarks of trust for subject repositories. Blogs.OpenAire.eu : infrastructure services & data, scholarly communication. 25/05/2016. https://blogs.openaire.eu/?p=933

Une nouvelle façon de publier la recherche ?

Diapositive1 Annoncé depuis quelques mois sur Twitter, RIO pour “Research Ideas and Outcomes” se présente comme un  “journal” d’un genre nouveau publié par Pensoft. Fondé en 1992 en Bulgarie , « par des universitaires , pour les universitaires », initialement concentré sur l’édition de livres, cet éditeur est depuis 2010 pionnier en étiquetage et enrichissement sémantique d’articles scientifiques.

La société développe des outils, des workflows et des méthodes innovantes pour la publication d’information et de données scientifiques. Promoteur de la notion de “Data Paper” , Pensoft publie une série de Data Journals spécialisés en biologie, pour lesquels il revendique un processus éditorial complet (Peer Review inclus) particulièrement rapide.

Exemple : Biodiversity Data Journal

Diapositive2

La dernière production de Pensoft, RIO, est en réalité plutôt une plateforme ouverte, qui fonctionne avec un modèle économique “auteur-payeur”, permettant la publication de l’ensemble des différents produits issus d’un processus de recherche (liste complète dans le tableau ci-dessous) y compris d’informations habituellement non publiées : propositions de projets, données, méthodes, workflows, logiciels, rapports de projet, articles de recherche. Ce type de productions, plutôt souterraines, représentent un travail important pour les scientifiques. Ce nouveau dispositif a pour objectif d’en faciliter la diffusion et ainsi de développer, de soutenir les interactions inter- et transdisciplinaires entre les différents acteurs de la recherche (chercheurs, financeurs, étudiants, communicants …).

La couverture thématique est étendue à l’ensemble des domaines de la recherche universitaire, qu’il s’agisse des sciences et technologies, ou des sciences humaines et sociales.

Innovation technique

Une plate-forme intégrative “ARPHA” (http://arpha.pensoft.net//tips_and_tricks) guide les auteurs aux différentes étapes du processus éditorial :  de la création d’un objet (publication) à  son examen (peer reviewing) et sa diffusion. Des templates personnalisables sont fournis aux auteurs pour décrire les différents types de documents acceptés qui peuvent ou non être rassemblés dans une collection contextualisée (entité cohérente autour d’une même idée, d’une même structure …).

Liste des types d’objets acceptés dans RIO

tableau-TD

Peer Review, nouvelle formule et processus en étapes

L’innovation est aussi dans l’organisation revisitée du processus éditorial et notamment de l’étape du Peer Reviewing.

En effet, la plateforme ARPHA permet aux auteurs de travailler sur un manuscrit de façon collaborative dès les premières étapes du processus de rédaction (étape draft) pour  l’analyser, le commenter, l’annoter, le compléter, y intégrer la bibliographie.

Sauf exception (pour quelques types spécifiques), une phase de pré-soumission obligatoire est ensuite activée : les auteurs invitent des personnes de leur domaine (hors co-auteurs) pour évaluer la pertinence et la qualité de leur publication.  Pour éviter toute dérive, le processus se veut transparent : les auteurs engagent leur responsabilité en signant un “Mandatory Author’s Statement”, les reviewers sont identifiés et les avis publiés.
Cette phase est suivie d’une étape de vérification technique automatique du manuscrit, puis d’un examen par le bureau éditorial de RIO pour valider la conformité technique, vérifier le respect des exigences éthiques, et  détecter  d’éventuelles anomalies .

Processus de Peer-reviewing

Diapositive4

Enfin, à l’issue d’un processus au délai sensiblement raccourci (d’après RIO), le manuscrit est publié sous différents formats (HTML, PDF, XML), il est qualifié de “Reviewable publication” et accompagné du rapport d’évaluation de cette première phase de reviewing.

L’auteur peut ensuite choisir une étape supplémentaire d’évaluation (post review) organisée par le journal RIO, et identique à celle coordonnée traditionnellement par les éditeurs. Si cette étape supplémentaire est réalisée et que l’article est validé, le statut de l’article bascule alors en « validated publication ». Deux rapports représentant respectivement les phases de pré et post-reviewing peuvent potentiellement accompagner un article.

Processus de Post-reviewing

Diapositive5

Une stratégie d’ouverture affirmée

Tous les contenus sont accessibles en lecture et associés à une licence de type CC (CC By 4.0 par défaut, ou CC0 ) pour encourager leur réutilisation. RIO souhaite également encourager la rédaction de documents de synthèse (état de l’art) thématiques, et la création d’articles dans Wikipedia.

Un modèle d’avenir ?

Des freins à ce nouveau modèle d’ouverture existent mais RIO met en avant les arguments suivants pour le nouveau modèle proposé :

  • pour les auteurs : une aide technique précieuse via la plateforme ARPHA, et un gain de temps appréciable de l’ensemble du processus éditorial,
  • pour les reviewers : la possibilité grâce à la transparence du dispositif d’avoir une reconnaissance de leur travail de reviewing (rendu citable par un DOI).

Diapositive6

RIO fonctionne sur le modèle économique des APC. Leur coût est modulable en fonction des options choisies par l’auteur (http://riojournal.com/about#Low-Cost-Publishing)

L’interface de recherche paraît conviviale et propose de nombreuses facettes pour filtrer les résultats.

À ce jour, seuls quelques articles ont été publiés. Le modèle est innovant et rend visibles et accessibles les processus de recherche, les résultats et leur évaluation par les pairs (“Open Reviewing”).

On trouve dans le bureau éditorial, des noms connus comme P. Suber mais aussi déjà sur internet des expressions plus  sceptiques sur le devenir de ce “journal” :
http://www.sciencemag.org/news/2015/09/new-journal-wants-publish-your-research-ideas

À  suivre,  pour voir s’il sera réellement apprécié ou non de la communauté scientifique.

Texte rédigé par Dominique L’Hostis, Marianne Peiffer et Sylvie Zasser à partir de l’article :

Mietchen, D., Mounce, R., & Penev, L. (2015). Publishing the research process. Research Ideas and Outcomes, 1, e7547.  10.3897/rio.1.e7547
et des informations publiées sur le site de RIO (http://riojournal.com/)