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Une thèse au sujet du crowdsourcing et des bibliothèques numériques

By James Montgomery Flagg (http://www.usscreen.com/american_spirit/) [Public domain], via Wikimedia Commons

By James Montgomery Flagg (http://www.usscreen.com/american_spirit/) [Public domain], via Wikimedia Commons

Les bibliothèques ont déjà eu recours à l’externalisation de certaines tâches de saisies de notices bibliographiques, de catalogage, d’indexation ou encore de correction de l’OCR auprès de prestataires dans des pays où la main d’œuvre est dite à bas coût. Cette externalisation est demeurée dans un cadre contractuel et limité et n’a pas bouleversé en profondeur le mode de fonctionnement sur lequel repose les bibliothèques. Mais, avec le développement du crowdsourcing, il pourrait être envisagé d’externaliser (« outsourcing ») certaines de ces tâches, non plus auprès de prestataires, mais auprès de foules (« crowd ») d’internautes et donc de faire faire une partie du travail des professionnels par des amateurs. Le « crowdsourcing » modifie ainsi le paradigme sur lequel repose des bibliothèques encore largement centrées sur la constitution et la conservation de collections. Il modifie également le rapport entre les producteurs d’un service que sont les bibliothécaires et ses consommateurs que sont les usagers, ces derniers devenant également des producteurs actifs du service. Le crowdsourcing pourrait aussi interroger les politiques documentaires des bibliothèques qui anticipent les besoins dans une logique d’offre qui n’est pas directement et immédiatement déterminée par la demande. C’est particulièrement le cas avec la numérisation à la demande par crowdfunding, une forme de crowdsourcing faisant appel, non pas au travail des foules mais à leurs ressources financières ou avec l’impression à la demande qui lui est indissociable. Avec ces modèles économiques à la demande, la politique documentaire est finalement partagée avec les usagers qui décident de ce qui sera numérisé et/ou imprimé. Les collections deviennent ainsi l’œuvre des usagers. Continuer la lecture

Innovation en bibliothèque : étude des interfaces utilisateur

Dans le cadre d’un projet de portail innovant de bibliothèque numérique (dont Bibook, interface de prêt numérique, a constitué la première étape), L’ENSSIBLAB( Service de recherche appliquée de l’ENSSIB à l’Innovation numérique en bibliothèques), en partenariat avec les bibliothèques municipales de Grenoble, a publié en décembre 2014 Étude et repérages sur les interfaces documentaires innovantes. Cette étude est intéressante en particulier pour les critères et méthodes d’analyse qui ont été utilisés.

L’analyse des interfaces repose sur des tests en conditions réelles. 10 interfaces sont étudiées :

L’innovation des interfaces est mesurée quantitativement sur 6 critères en fonction de la présence ou non de propriétés caractéristiques  :

  • Innovation technique : Recherche unifiée – Recherche exhaustive
  • Innovation graphique : Visualisation des données – Responsive web design
  • Innovation sociale : Partage social – Participation de l’usager
  • Innovation économique : Outil libre – Mutualisation
  • Innovation politique : Données ouvertes, biens communs – Réutilisation, crowdsourcing
  • Innovation dans la gestion de la donnée : Modélisation FRbr – Web sémantique

Trois groupes d’interface ont ainsi été identifiés (codes couleur) :

interface-innovantes-biblio

D’autres interfaces sont données en exemple dans les derniers chapitres consacrés aux aides en ligne innovantes et aux outils de recommandation sociale.

Référence : Muller, C.  2014. Étude et repérages des interfaces documentaires innovantes [http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/64911-etude-et-reperages-sur-les-interfaces-documentaires-innovantes]

Logiciels pour bibliothèques numériques

La vidéo et le support de la présentation du dernier “5 à 7” de l’ADBS*Réussir la mise en ligne de sa bibliothèque numérique” ont été mis en ligne. Marc Maisonneuve (Tosca Consultants) et Mathieu Andro (Bibliothèque Sainte-Geneviève) y présentent trois grandes solutions :

  1. Utiliser un logiciel de bibliothèque numérique dédié, installé localement : Yoolib (Amenager), DigiTool (Ex Libris), Mnesys (Naoned) et ContentDM (OCLC) pour les logiciels propriétaires ; Greenstone (Université de Waikato) et Omeka (Université G. Mason) pour les logiciels open source.
    Cette solution permet une plus grande autonomie mais requiert des ressources importantes.
  2. Utiliser un logiciel OAI : Invenio (Cern), ORI-OAI (consortium ORI-OAI), Dspace (DuraSpace) et ePrints (université de Southampton), logiciels open source.
    Cette solution privilégie l’interopérabilité et l’exploitation des métadonnées mais offre peu de fonctionnalités autour de la lecture (zoom, tournage de pages…).
  3. Participer à une plate-formes en ligne : Hal (CNRS), Internet Archive (Internet Archive), e-corpus (Centre de conservation du livre), Hathi Trust (universités Indiana et Michigan), Gallica (BNF, offre à venir).
    Cette solution, en mutualisant les moyens, offre souvent des fonctionnalités supérieures et davantage de services à moindre coût. Elle permet en outre d’atteindre une masse critique de documents qui assure un meilleur référencement sur le Web.

Un logiciel de bibliothèque numérique contient 3 grands composants :

  • Les usagers ;
  • Les documents ;
  • Les métadonnées (bibliographiques, techniques et juridiques).

Le premier n’est pas à négliger, car la connaissance de son public et de l’usage qu’il fait de la bibliothèque fait partie, avec la capacité à innover et la réactivité, des facteurs clés de la réussite d’un projet de bibliothèque numérique.

* Ces présentations courtes (5 à 7 ou 12-14) sont l’occasion de faire le point, avec un spécialiste, sur une nouvelle technologie, de nouvelles normes ou textes réglementaires et sur leur impact sur nos métiers.