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Author Archives: dlehenaff

La transition vers l’Open Access

septembre 14th, 2015 | Posted by dlehenaff in Open Access | Politique | Recherche | Revues - (0 Comments)

Les deux modèles économiques (traditionnel et open access) co-existent depuis de nombreuses années et cela a engendré des couts supplémentaires aux organisations de recherche.

La question de savoir quand et comment basculer complètement vers une libre diffusion du savoir devient de plus en plus prégnante.

Dr Falk Reckling de FWF, l’agence de financement de la recherche en Autriche, dans cette présentation au Forum Austria Innovativ « Good practice in academic knowledge and technology transfer », explique que cette transition arrivera avec l’arrivée aux postes de responsabilité de la nouvelle génération de chercheurs.

Open Access will succeed sooner or later but at the latest when the generation of the digital natives come to power in research.
This generation does not only have new technical skills but different approaches to reading and sharing information.
That will change the modes of scholarly communication significantly.
Dr Falk Reckling relie l’avènement de l’open access avec les pratiques de lecture et de diffusion du savoir des ces « digital natives ».
Pour finir la lecture de cette intéressante présentation, un rapport de force est inéluctable entre les agences de financement, les organisations et les éditeurs commerciaux. La transition passera aussi par un regroupement au niveau international des agences et organisations de la recherche ainsi qu’une plus grande (et nécessaire) concurrence dans le secteur de l’édition.

Has open access failed?

novembre 3rd, 2014 | Posted by dlehenaff in Non classé - (0 Comments)

C’est la question à laquelle répond Matthew Cockerill, co-fondateur de BMC et actuellement Europena Managing Director à Riffyn Inc, dans son blog.

Il répond que l’open access a permis que créer des nouveaux modèles économiques visant à rompre avec la notion pré-existante que les résultats de recherche appartiennent à l’éditeur. Le succès de l’open access est justement dans la prise de conscience par les agences de financement et les établissements de recherche que les résultats doivent être diffusés et non plus cachés derrière la barrière de l’abonnement.

Matthew Cockerill rapporte également que le modèle Gold a permis aux chercheurs de prendre conscience que la publication scientifique avait un cout. Ce cout était rendu transparent par les abonnements gérés par les bibliothèques ou les services IST.

Pour aller plus loin, l’Open Access est rendu obligatoire dorénavant pour les contrats européens d’Horizon 2020. De nombreuses agences de financement au niveau européen ont également une politique similaire. Il faut aller plus loin avec des positions nationales (ex: UK). En France, le rapport « les nouveaux enjeux de l’édition scientifique » de l’académie des sciences du 24 juin 2014 recommande que les modalités de diffusion des publications scientifiques soient réorganisées selon deux axes complémentaires comprenant, d’une part, les archives ouvertes, et d’autre part un Open Access institutionnel, financé selon des accords nationaux entre l’État et les éditeurs, tout en préservant les standards académiques de qualité scientifique. Nous y reviendrons dans un article dédié.

Ce qu’il est possible de rétorquer est que le modèle gold a augmenté les couts globaux de publication et d’accès à l’édition scientifique et les éditeurs ont augmenté leurs bénéfices. Dans les faits, de nombreuses revues ont été  crées en open access, quelques une ont changé de modèle économique et c’est une dynmaique qui va s’accélérer. En paralèlle, d’autres modèles voient le jour : freenium, platinum, fair gold…  ainsi que des expérimentations de revues alternatives basées sur les archives ouvertes.

En conclusion, le paysage de l’édition scientifique a été profondément transformé par l’arrivée de l’open access, obligeant les éditeurs à s’adapter, innover et changer leurs pratiques pour rester compétitifs. Cela s’est fait globalement en faveur des chercheurs avec la possibilité de déposer leur version dans les archives ouvertes, par la création de nouvelles revues et modèles économiques qui permettent un plus vaste choix de publication.

La réponse à la question dépend finalement du point de vue adopté : celui d’un gestionnaire qui cherche à faire des bénéfices, celui des petits éditeurs qui ont subi des désabonnements ou celui de la communauté scientifique qui peut diffuser ses résultats plus largement.

Les DOI components

août 4th, 2014 | Posted by dlehenaff in Innovation | Norme | Revues - (0 Comments)

Très intéressant post sur les DOI components de Martin Fenner sur son blog : http://blog.martinfenner.org/2014/08/02/fragment-identifiers-and-dois

De quoi s’agit-il ? Il ne s’agit pas d’accéder à plus d’information mais mieux accéder à l’information.

Tout a commencé avec IMRAD qui est un format permettant de distinguer à l’intérieur d’un article aux éléments structurants d’un article scientifique :Introduction, Methods, Results and Discussion. Il offre ainsi au lecteur la facilité de naviguer entre les différents chapitres :

The IMRAD structure has proved successful because it facilitates literature review, allowing readers to navigate articles more quickly to locate material relevant to their purpose
Source: Burrough-Boenisch, J (1999). International Reading Strategies for IMRD Articles. doi:10.1177/0741088399016003002

Et l’envie d’aller plus loin : accéder et naviguer directement parmi les figures et les tables d’un article. Comme le dit Martin dans un ancien post de 2011, Crossref fournit déjà des DOI components. PloS les utilise.

Exemple : pour un article ayant pour doi:10.1371/journal.pone.0006022, la figure n°2 aura pour doi:10.1371/journal.pone.0006022.g002

Comme l’intérêt est là, le nombre de DOI components se cesse de s’accroitre :

doi-components-rising

 

Le conseil national scientifique de l’Inra vient d’adopter une motion sur les publications scientifiques et les dérives liées à l’évaluation.

Le CSN de l’Inra s’inquiète des dérives observées par la communauté scientifique dans les pratiques de publication et de leurs conséquences sur l’évaluation scientifique. Il considère que l’INRA devrait renforcer la démarche initiée pour prendre en compte la qualité scientifique, la diversité des supports et la pertinence sociétale de la recherche. Plus généralement, il s’agit de limiter la prise en compte d’une productivité numérique poussant à toujours plus de publications dans des journaux scientifiques, ce qui dilue le savoir pertinent, favorise les erreurs et les fraudes, et sert d’abord à augmenter les bénéfices des Majors de l’édition privée qui se sont accaparé les publications produites par la recherche publique (voire de sociétés qui prolifèrent dans ce contexte d’inflation des publications). Une telle politique irait dans le sens des préconisations récentes de l’Académie des Sciences qui propose lors de l’évaluation des chercheurs l’envoi de quelques publications clés pour lecture par les commissions, et qui pourrait contribuer à la dénonciation, au niveau international, de l’utilisation du facteur d’impact des journaux pour l’évaluation de la recherche. En outre, l’INRA pourrait renforcer son rôle de proposition dans la mise en place d’un service public d’édition scientifique innovant en accès libre, tout en s’associant au mouvement des différentes institutions de recherches en France et à l’étranger afin de faire pression sur les éditeurs privés pour réduire les coûts injustifiés des abonnements. Enfin, l’INRA devrait renforcer les moyens humains, organisationnels et matériels nécessaires pour que son service d’Information Scientifique et Technique (IST) puisse assurer plus efficacement sa mission prioritaire au service de la recherche, des personnels de l’INRA et du grand public.

Source : http://www.inra.cgt.fr/actualites/messages/27mai14.htm

Plusieurs propositions intéressantes qui vont dans le sens des arguments en faveur de l’open access

  • coût des abonnements trop élevé
  • se réapproprier l’édition scientifique

Ce qui est dénoncé :

  • arrêter la course à la publication qui augmente les fraudes et dilue la savoir
  • l’utilisation du facteur d’impact pour les évaluations

A l’INRA, la prise en compte de tous les types de productions et pas uniquement les productions académiques est un enjeu important car les recherches de l’Inra sont multiples, à la fois fondamentales et tournées vers des problématiques sociétales. La mission de transfert des connaissances vers l’enseignement et les professionnels est importante. C’est pourquoi depuis de nombreuses années, la direction à l’évaluation propose une fiche d’activité pour les évaluations individuelles qui prend en compte cette notion de transfert de connaissances et d’expertise. L’INRA a été également moteur dans la réalisation de la grille Erefin utilisable pour les évaluations des unités.

ProdInra : d’où viennent nos utilisateurs?

mai 23rd, 2014 | Posted by dlehenaff in Non classé - (0 Comments)

ProdInra référence près de 195 000 productions de l’Inra dont une partie est librement accessible (articles en open access ou avec un embargo terminé, rapports, communications à des congrès, cours, etc.).

Le public de ProdInra, c’est la communauté scientifique mais également les professionnels, les enseignants, les pouvoirs publics et le grand public pour nos productions plus vulgarisées.

Voici les sites qui nous ont amené plus de 100 utilisateurs depuis 1 an et demi :

 

Source Sessions % nouvelles sessions Nouveaux utilisateurs
annuaire.inra.fr 7138 78,31% 5590
www6.inra.fr 1660 35,96% 597
openurl.ist.inra.fr:3410 1338 45,81% 613
www6.rennes.inra.fr 738 66,26% 489
netvibes.com 581 19,79% 115
www6.clermont.inra.fr 446 43,05% 192
www6.versailles-grignon.inra.fr 436 69,27% 302
www6.paca.inra.fr 426 48,83% 208
umr-innovation.cirad.fr 361 62,60% 226
www2.dijon.inra.fr 328 68,29% 224
www6.nancy.inra.fr 237 64,98% 154
mediadoc.asd.local 235 53,62% 126
www7.avignon.inra.fr 210 80,48% 169
www6.val-de-loire.inra.fr 206 40,78% 84
umr-moisa.cirad.fr 184 75,00% 138
fr.wikipedia.org 178 93,82% 167
www6.toulouse.inra.fr 160 61,25% 98
w3.avignon.inra.fr 159 74,21% 118
umr-system.cirad.fr 156 68,59% 107
organic-edunet.eu 153 49,67% 76
jobs.inra.fr 147 68,03% 100
en.wikipedia.org 146 95,89% 140
www6.paris.inra.fr 138 71,01% 98
inra.fr 136 60,29% 82
facebook.com 125 64,00% 80
www6.montpellier.inra.fr 111 72,07% 80
champignonscomestibles.com 105 92,38% 97
fr.mg41.mail.yahoo.com 104 0,96% 1
researchgate.net 103 82,52% 85

Sans surprise, l’annuaire de l’Inra, le site national et notre service SFX sont les sources qui amènent le plus d’utilisateurs.
On retrouve ensuite de nombreux sites de centres, d’unités, de départements de l’Inra.

Pour les réseaux sociaux, ce sera Netvibes, Twitter, Facebook et researchGate. On ne trouve pas dans ces 30 premiers résultats Mendeley, Zotero ou Linkedin.

 

 

 

 

 

Source Sessions % nouvelles sessions Nouveaux utilisateurs
annuaire.inra.fr 7138 78,31% 5590
www6.inra.fr 1660 35,96% 597
openurl.ist.inra.fr:3410 1338 45,81% 613
www6.rennes.inra.fr 738 66,26% 489
netvibes.com 581 19,79% 115
www6.clermont.inra.fr 446 43,05% 192
www6.versailles-grignon.inra.fr 436 69,27% 302
www6.paca.inra.fr 426 48,83% 208
umr-innovation.cirad.fr 361 62,60% 226
www2.dijon.inra.fr 328 68,29% 224
www6.nancy.inra.fr 237 64,98% 154
mediadoc.asd.local 235 53,62% 126
www7.avignon.inra.fr 210 80,48% 169
www6.val-de-loire.inra.fr 206 40,78% 84
umr-moisa.cirad.fr 184 75,00% 138
fr.wikipedia.org 178 93,82% 167
www6.toulouse.inra.fr 160 61,25% 98
w3.avignon.inra.fr 159 74,21% 118
umr-system.cirad.fr 156 68,59% 107
organic-edunet.eu 153 49,67% 76
jobs.inra.fr 147 68,03% 100
en.wikipedia.org 146 95,89% 140
www6.paris.inra.fr 138 71,01% 98
inra.fr 136 60,29% 82
facebook.com 125 64,00% 80
www6.montpellier.inra.fr 111 72,07% 80
champignonscomestibles.com 105 92,38% 97
fr.mg41.mail.yahoo.com 104 0,96% 1
researchgate.net 103 82,52% 85

L’ Observatoire des Sciences et des Techniques (OST) a sorti en octobre 2013 un rapport très intéressant intitulé « Une analyse multidimensionnelle des performances scientifiques et technologiques« .

Les données collectées sont de 2010 et proviennent du WoS, de Thomson Reuters, l’OCDE, Eurostat, l’OEB (Patstat). Elles ont été traitées et analysées par l’OST.

La cartographie présente les dépenses en R&D (DIRD) et les types de valorisation : publications ou brevets, pour 5 pays européens. Les SHS ne sont pas pris en compte dans ces indicateurs.

 

Parmi les licences dites ouvertes, on trouve les licences creative commons. L’intérêt de ces licences est qu’elles permettent d’intégrer facilement des critères limitants ou des conditions :

  • CC-BY est la licence de base par laquelle la réutilisation n’est pas limitée, seule la nécessité de citer la paternité de l’œuvre est demandée.
  • CC-BY-ND  autorise toute utilisation de l’œuvre originale (y compris à des fins commerciales), mais n’autorise pas la création d’œuvres dérivées.
  • CC-BY-NC-ND autorise l’utilisation de l’œuvre originale à des fins non commerciales, mais n’autorise pas la création d’œuvres dérivés. Les utilisations commerciales peuvent être permises mais avec un accord spécifique donné par le titulaire des droits. C’est la licence appliquée par défaut à tous les documents déposés dans ProdInra qui n’auraient pas déjà de licence de réutilisation.
  • CC-BY-NC permet l’exploitation de l’œuvre, ainsi que la création d’œuvres dérivées, à condition qu’il ne s’agisse pas d’une utilisation commerciale (les utilisations commerciales peuvent être permises mais avec un accord spécifique donné par le titulaire des droits).
  • CC-BY-NC-SA autorise l’exploitation de l’œuvre originale à des fins non commerciales, ainsi que la création d’œuvres dérivées, à condition qu’elles soient distribuées sous une licence identique à celle qui régit l’œuvre originale.
  • CC-BY-SA permet toute utilisation de l’œuvre originale (y compris à des fins commerciales) ainsi que la création d’œuvres dérivées, à condition qu’elles soient distribuées sous une licence identique à celle qui régit l’œuvre originale.
  • CC-0 est une nouvelle licence qui a fait son apparition par laquelle toute réutilisation est permise et sans nécessité de citer la source ou la paternité de l’œuvre. Cette licence ne s’inscrit pas dans la propriété intellectuelle inscrite dans la loi française puisque celle ci définit un droit moral inaltérable, non transférable et inaliénable.

Le DOAJ (Directory of Open Access Journals) référence les revues en open access. Une étude a été faite sur les licences de réutilisation de chacune des revues

On remarque que seuls 38 % des revues proposent une licence de type Creative Commons

Total Number of Journals 9 804
Number of Journals using any CC-License 3 722
Percentage of Journals using any CC-License 37,96%

Déclinaison du nombre de revues par licence CC :

Number of Journals using this license Percentage among all Journals using any CC-License Percentage among all Journals
CC-BY 1 964 52,77% 20,03%
CC-BY-SA 52 1,40% 0,53%
CC-BY-NC-ND 737 19,80% 7,52%
CC-BY-NC 665 17,87% 6,78%
CC-BY-NC-SA 260 6,99% 2,65%
CC-BY-ND 44 1,18% 0,45%

La licence CC-BY est largement plébiscitée par les éditeurs de revues en open access. Du coté des auteurs, le billet Quelle licence pour la production scientifique ? rappelle les résultats de l’enquête menée par Taylor & Francis and Routledge auprès de leurs auteurs.

Du coté de ProdInra, un nouveau champ sera disponible au printemps 2014 permettant au scientifique qui dépose sa pièce jointe de préciser la licence souhaitée. Cette licence sera ensuite tamponnée sur tous les documents (qui ne sont pas une version éditeur) afin de mieux informer les utilisateurs des conditions de réutilisation. Il sera alors intéressant d’étudier les choix de nos chercheurs et ingénieurs (Inra) sur ces questions.

L’organisation internationale de normalisation (ISO) s’est penché sur les éléments descriptifs d’un document scientifique (appelé métadonnées) permettant de qualifier si un papier est openly accessible. Dans les schémas actuels, les informations d’accès libre et de réutilisation ne sont pas souvent mentionnés voire pas présents du tout dans la notice accompagnatrice.
On remarque que sur les sites des éditeurs, il est souvent difficile de repérer les articles en open access, voire distinguer ceux qui sont en free access que ceux en open access

Many offerings are available from publishers under the banner of Open Access, Increased Access, Public Access, or other names. The terms used vary both between publishers and within publishers byjournal, and in some cases, based on the funder

Le groupe de travail dédié au chantier : « Open Access Metadata and Indicators » propose à tous ceux intéressés par le sujet de commenter la première version de la norme : NISO RP-22-201x

Cette norme est importante afin d’homogénéiser les différentes appellations et de fournir aux archives ouvertes les moyens de correctement signaler les conditions d’accès et de réutilisation des documents. Cependant, le parti pris par le groupe de travail est de se limiter à deux éléments indicatifs : Free-to-read (<free_to_read>) et License reference (<license_ref>) ; cette dernière étant multi occurrente permettant de spécifier des dates différentes.
Ces balises seraient utilisées pour enrichir les schémas de données actuels ; il n’est pas question de créer un nouveau schéma.

On notera, et c’est le cas dans ProdInra, qu’une notice décrivant un document principal peut avoir plusieurs pièces jointes associées, comme des supplementary materials, des données brutes, des vidéos de présentation, etc. La norme NISO RP-22-201x ne propose que des balises supplémentaires dans la notice et n’adresse pas la question des condiutions d’accès et de réutilisation de chaque objet attaché à la notice

Use cases that are not entirely dealt with are the management of rights for components of works (e.g.figures, images, datasets). Where components are separately identified,the <free_to_read> and <license_ref> tags can apply to the components but in many cases components are not separately identified.
It is outside the scope of this Recommended Practice to determine how components should be identified.
The group further felt that there would be value in a separate initiative to identify best practice in the issues that licenses for scholarly research content should address

Je trouve que cette exclusion est dommage et diminue sensiblement l’intérêt de cette norme. Cependant, la normalisation de ces deux nouvelles balises, accompagnées de leurs attributs, est importante pour enrichir les schémas existants et pointer l’importance de ces informations.

Quelle licence pour la production scientifique ?

août 27th, 2013 | Posted by dlehenaff in Non classé - (0 Comments)

L’open access donne la possibilité de lire une production scientifique sans barrière financière, technique ou juridique. L’open access ne traite pas de la question de la réutilisation mais bien de l’accès au contenu d’une production scientifique. Si cette production est un ensemble de données brutes, on parle d’open data.

En science, on se contente peu de lire. Nos chercheurs ont pour mission la création de connaissance. Cette création de connaissance se base sur un état des lieux, sur les innovations déjà réalisées. Les scientifiques ont donc besoin de pouvoir citer, réutiliser, créer à partir de résultats antérieurs. Et l’open access ne dit rien sur les conditions de réutilisation. Il faut donc que l’auteur (ou les auteurs) d’une production scientifique applique(nt) une licence décrivant les conditions de réutilisation.

Les grandes institutions qui se sont engagées dans le libre accès (e.g la commission européenne, l’UNESCO, Welcome Trust, Banque mondiale) ainsi que des éditeurs scientifiques Open Access (e.g BMC, Open Access Scholarly Publishers Association) encouragent l’utilisation de la licence CC-BY qui est très libre, ne demandant pour toute réutilisation que la mention des auteurs.

Cette licence permet à n’importe qui (utilisation commerciale possible) de réutiliser tout ou partie de l’œuvre afin d’en créer une nouvelle même largement empruntée au résultat original (pas de restriction Non Derivative). Elle s’oppose donc à la licence CC BY-ND-NC la plus restrictive des creatives commons.

Si la logique des politiques est la diffusion du savoir et la réutilisation la plus large possible permettant de nouvelles créations de valeur, les scientifiques préfèrent eux une licence qui respecte l’intégrité de l’oeuvre originale (ND) et empêche par défaut une réutilisation commerciale (NC). En effet, les scientifiques ne sont pas rétribués financièrement sur leur œuvre produite (sauf Brevet et Certificat d’Obtention Végétale sont des résultats valorisés par une propriété industrielle) contrairement aux auteurs d’œuvres de fiction et ne souhaitent pas que des sociétés puissent générer un revenu sur leur œuvre dont ils n’ont retiré aucun bénéfice si celui, hypothétique, de leur avancement de carrière.
Citons donc le rapport de l’enquête « Open Access Survey: Exploring the views of Taylor & Francis and Routledge authors » (mars 2013) réalisé par l’éditeur Taylor & Francis qui pose la question :

Please indicate in each case if you would be willing to sign the license when publishing your research:

13 143 chercheurs répondant :

Ce qui est intéressant à noter est que les chercheurs sont très majoritairement pour appliquer une licence CC-BY-NC-ND et peu en faveur d’une licence CC-BY. A noter cependant, qu’en fonction des circonstances, ils acceptent le CC-BY à 74% et le CC-BY-NC-ND à 95%.
Ce sondage est important car il a été fait sur un large panel de chercheurs présents sur tous les continents. La tendance restrictive ne peut pas être ignorée par les politiques.

La politique de ProdInra, archive ouverte de l’Inra, prend en compte l’ensemble des éléments présentés et applique, lorsqu’un document ne mentionne pas de licence de réutilisation, la licence CC-BY-NC-ND. En 2014, il sera demandé au chercheur de choisir sa licence au moment du dépôt.
Les notices de ProdInra sont également en CC-BY-NC-ND mais avec un accord possible de réutilisation, en fonction des circonstances, équivalent au CC-BY.

En effet, choisir par défaut une licence plus restrictive permet de l’assouplir en fonction des circonstances. Si la licence est trop permissive au départ, il n’y a plus aucun contrôle possible sur les réutilisations, même celles dont on se passerait bien.

 

(suite…)

Elsevier lance une  revue (sic) vidéo. Le domaine couvert relève de la médecine et le responsable scientifique, dans sa vidéo d’introduction, explique qu’il y a un réel besoin de visualiser des cas réels et qu’il est plus facile d’expliquer ce sujet par une vidéo que par un document écrit.

Ce même argument pourrait s’appliquer à l’agriculture et à toutes les recherches finalisées ; est ce pour autant le début d’une longue série de nouveaux journaux innovants ?
Avec deux numéros par an, Elsevier ne prend pas trop de risque pour commencer, car il ne me semble pas dans l’habitude des chercheurs de produire des vidéos. En tout cas, Elsevier, qui était critiqué par son manque d’innovation marque un grand coup… sans que cette nouvelle ne fasse vraiment le buzz sur Twitter…

Une autre revue vidéo existe : JOVE mais l’approche est différente. Les auteurs soumettent un manuscrit papier et c’est l’éditeur qui crée la vidéo.

You submit a manuscript, JoVE will film and produce your video

Au fait, comment calcule t-on le facteur d’impact d’une revue vidéo ? car c’est finalement le FI qui tient les chercheurs, pas le medium de diffusion.